Cette base de données fait partie du projet RELMIN : Le statut légal des minorités religieuses dans l’espace euro-méditerranéen (Vème –XVème siècles), financé pour cinq ans (2010-2015) Conseil Européen de la Recherche et dirigé par John Tolan, professeur d’histoire à l’Université de Nantes. L’équipe de recherche comprend des doctorants, des chercheurs postdoctoraux, et des chercheurs associés partout dans le monde. En plus de créer la base de données, l’équipe organise des séminaires et des colloques à Nantes et ailleurs en Europe et en Méditerranée. http://www.relmin.eu

The J. Paul Getty Museum, Los Angeles, Ms. Ludwig XIV 6 (c. 1300), folio 242v (detail): baptême d’un musulman, enluminure du Vidal Mayor

RELMIN recueille, étudie et publie des textes juridiques définissant le statut des minorités religieuses dans l’Europe médiévale. Riche et varié, le corpus couvre dix siècles et s’étend sur une large zone géographique ; écrits en latin, arabe, grec, hébreu et araméen (ainsi qu’en espagnol, portugais, et en d’autres langues vernaculaires européennes), ces textes sont actuellement dispersés dans les bibliothèques et les dépôts d’archives de toute l’Europe. Ils sont maintenant recueillis dans la base de données RELMIN dans leur langue originale et accompagnés de traductions, ainsi que de commentaires. Ces textes sont ainsi mis à disposition de la communauté scientifique, des étudiants et des citoyens partout dans le monde, librement et de manière pérenne.

Il s’agit d’un outil important pour l’étude de l’histoire des relations interconfessionnelles et en particulier pour l’étude des contraintes légales (et les protections et privilèges) conférées à des groupes religieux. Bien qu’il soit impossible de compiler une anthologie exhaustive de ces textes, nous présentons une sélection large et représentative de ces textes.

Parmi les textes recueillis, citons quelques exemples. Le Code théodosien, une compilation juridique promulguée en 438 par l’empereur romain Théodose II, finit par interdire le paganisme et imposer le christianisme comme religion d’État, Il accorde certaines garanties aux juifs et en même temps leur interdit l’accès à certaines fonctions publiques. Ces principes se retrouvent dans le droit canon et la législation royale de l’Europe médiévale. Par la suite, des juristes ecclésiastiques et des princes laïcs attribueront le même statut inférieur mais protégé aux musulmans vivant dans leurs territoires. Dans les sociétés musulmanes, le Coran et les Hadiths définissent le statut de dhimmi, « protégés » ; juifs et chrétiens bénéficient ainsi de la liberté de culte et de l’autonomie judiciaire. Sur les plans social et politique, leur statut reste cependant inférieur à celui des musulmans. Parallèlement, des milliers de textes témoignent du rôle de ces deux minorités religieuses et des questions juridiques que soulevaient leurs relations quotidiennes avec la majorité musulmane : fatwas (consultations judiciaires) et manuels de hisba (textes de droit municipal) traitent de toute une série d’affaires comme le degré de fiabilité de témoins juifs ou chrétiens, les restrictions somptuaires… Quant aux juifs, leurs relations avec les fidèles d’autres confessions étaient également fondées sur des textes sacrés (Torah et Talmud). Par ailleurs, plusieurs auteurs juifs, de Cordoue à Cracovie, ont adressé sous des formes diverses (lettres, responsa …) à leurs coreligionnaires des conseils juridiques sur les limites légales à ne pas dépasser dans les relations qu’ils entretenaient avec chrétiens et musulmans.



Suggestions, corrections, contributions nous invitons les chercheurs qui utilisent la base de données à donner leur avis et à contribuer aux travaux de compilation.

Si vous êtes prêt à contribuer une ou plusieurs articles à la base de données, veuillez nous faire des propositions.

Toute correspondance peut être envoyée à : nicolas.stefanni@univ-nantes.fr

Institut de Recherche et d'Histoire des Textes

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